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Palmarès et Bilan de la 3ième édition

admin 01/04/2012 Comments Off on Palmarès et Bilan de la 3ième édition

 

 

 

 

 

 

 

3ième ÉDITION DU 9 AU 13 NOVEMBRE 2010

Le jury composé de Lahcen Zinoun (Maroc), Pedro Pimenta (Mozambique), Maya Abdul-Malak (Liban), Marianne Dumoulin (France), Carmen Guarini (Argentine) a décerné le palmarès suivant :

  • Grand prix : Chemo de Pawel Lozinski (Pologne) -Dotation du Ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité (50.000 MAD)
  • Prix du jury : Absence of Mr or Mrs B de Fima Emami et Reza Daryanoush (Iran) -Achat TV2M (45.000 MAD)
  • Mention du jury : Last train home de Lixin Fan (Chine, Canada)
  • Prix du public : Fix me de Raed Andoni (Palestine, France, Suisse) -Dotation Institut Français d’Agadir (valeur 10.000 MAD)

LE FIDADOC EN QUELQUES CHIFFRES

  • 45 films sélectionnés, 26 pays représentés, 9000 spectateurs
  • 2 séances scolaires pour les 8-12 ans : 1200 élèves
  • 5 projections plein air dans les quartiers populaires de la Commune urbaine d’Agadir et de sa région
  • L’exposition photographique « Portraits/Autoportraits, Enfants du Monde » de Gilles Porte organisée avec le soutien de UNICEF, et du Programme concerté Maroc
  • Des rencontres professionnelles pour des lauréats d’écoles de cinéma (ESAV, ISCA, ISIC), dont les projets ont été expertisés par des représentants de TV2M, ARTE, Al Jazeera English et AFRICA DOC
  • Une table ronde “De l’utilité du Documentaire”, avec la participation du CCM, de TV2M, ARTE, AlJazeera English, de l’ESAV de Marrakech, de Latif Lahlou et de nombreux autres professionnels marocains et étrangers.

BILAN ARTISTIQUE

Pour sa 3ème édition, le FIDA DOC a reçu plus de 500 films: dont près de 400 inscrits sur le site et le reste envoyé par nos partenaires étrangers, des films provenant de 60 pays.

45 films documentaires tous formats ont été sélectionnés. Avec pour les longs-métrages :

  • 12 films en compétition
  • 2 films hors compétition
  • 11 programmes thématiques
  • 1 film pour les scolaires
  • 6 films pour la programmation destinée aux étudiants
  • 4 films pour les projections en plein air

Affluence (salle du Rialto)

L’augmentation de la jauge de notre salle de projection (600 fauteuils à l’orchestre) a permis d’enregistrer une affluence moyenne de 150 spectateurs par séance, avec un pic entre 18 et 21 heures. Le nombre de séances supplémentaires nous a obligé à élargir la latitude horaire, au détriment de la fréquentation des programmes qui se sont terminés au-delà de minuit (La soirée « Urbanisme et environnement » et la soirée « Musiques ») et des deux films projetés en fin de matinée (FIX ME et CRUDE).

Le public du FIDA DOC se divise globalement en trois tiers :

  • Les spectateurs réguliers (ceux qui assistent à au moins la moitié des séances), majoritairement des jeunes de 16 à 30 ans et des résidents étrangers, actifs et retraités ;
  • Les spectateurs exceptionnels (qui se rendent à entre une et trois séances) ;
  • Des spectateurs qui se rendent à la salle pour assister à un film concernant la culture d’autres pays arabes ou à un programme qui les intéressent en particulier, comme ceux consacrés aux musiques urbaines et aux droits des femmes.

Pour ces deux dernières catégories, il s’agit d’un public plus familial (parent seul ou couple, accompagné d’enfants) et de petits groupes d’amis. À noter que parmi eux se trouvaient des étudiants sensibilisés et informés grâce aux séances organisées à leur intention dans les universités.

Les débats

Comme les années précédentes, le public du FIDA DOC a apprécié d’être surpris, voire bousculé par les films présentés. Les spectateurs plébiscitent les œuvres les plus radicales, par le sujet abordé (Taqwacore -musique et Islam-  a suscité un débat nourri, où chacun a pu défendre son opinion en respectant celle des autres) ou dans leur forme cinématographique, comme le récit à la première personne de Fix me (Palestine) ou le dispositif singulier de On n’a jamais vu DE NUIT

Un sentiment confirmé lors des délibérations du jury public, puisque les 12 membres ont mis en avant deux qualités pour justifier leur choix : le « courage » du sujet et l’engagement de l’auteur dans son film. Cette année encore, leur goût converge avec celui du jury professionnel, puisque les 3 films primés (CHEMO, Absence of Mr or Mrs B, Last Train Home) sont parmi les 5 films les mieux « notés » par le jury du public.

On a retrouvé la même attention, ce même souci quant à « l’utilité » du cinéma documentaire pendant les débats qui ont suivi les projections dédiées notamment aux Droits des Enfants, (WALIDEN – le sort des orphelins en Afrique subsaharienne), aux Droits de la Femme (Pink Saris – le combat de militantes féministes en Inde), ou encore aux Economies alternatives et solidaires (Entre nos mains et Nostros del Bauen – la gestion collective pour sauvegarder son emploi)…

À remarquer : la perception des films qui utilisent les ressorts de la comédie et le second degré (Cow Boys in IndiA -combat de tribus Indiennes contre l’exploitation minière) ou qui se déroulent dans un environnement à priori moins « dramatique » (l’industrie musicale dans P-Star rising), peut pâtir de l’absence du réalisateur ou d’un autre « médiateur », suffisamment légitime pour remettre en cause certains préjugés des spectateurs (par exemple, que la forme d’un documentaire n’est pas obligée d’épouser le « sérieux » de son sujet).

 De nombreux spectateurs ont également apprécié les vertus pédagogiques de films qui leur ont fait découvrir des vérités enfouies ou révélé des éléments insoupçonnés de territoires proches ou de cultures qu’ils croyaient connaître, comme Los Perderdores (le sort des anciens combattants rifains enrôlés dans l’Armée de Franco), Muezzin (la formation des muezzins turcs, fonctionnaires dans un état laïque), ou Aït Bouguemez (comment la tradition peut apporter des réponses efficaces aux défis écologiques)… À l’évidence, l’intérêt suscité par tous ces documentaires répond à un besoin, à un vrai désir d’Histoire

Enfin un grand bravo à l’équipe des traducteurs interprètes qui ont assuré la traduction simultanée des films et des débats en trois langues (arabe, français, anglais), permettant au FIDA DOC d’être, dès sa troisième édition, une manifestation réellement internationale. En effet, nos invités étrangers nous ont confirmé que très peu de festivals, même parmi les plus « prestigieux », offraient cette possibilité multilingue d’assister à toutes les projections et de dialogue avec les spectateurs et les autres réalisateurs.

Les séances scolaires

Le 12 et le 13 novembre, les deux projections en avant-première mondiale du film de Gilles Porte, DESSINE-TOI, ont rassemblé 1100 élèves gadiris, âgés de 8 à 14 ans. Par rapport aux éditions précédentes, la capacité supérieure de la salle nous a permis de plus que doubler la fréquentation de ces séances matinales, sans avoir répondu à toutes les demandes des établissements scolaires intéressés. Malgré sa durée (70 minutes), ce jeune public a suivi tout le film, accompagné d’explications « en direct » du cinéaste et de l’animateur Ammi Driss.

Ces projections étaient couplées avec l’exposition dans le hall du cinéma d’une série de photographies d’enfants prises par l’auteur à travers le monde. Une manifestation déclinée avec succès dans une quinzaine d’établissements scolaires et d’associations de la ville.

Les projections en plein air

Depuis sa première édition, le FIDA DOC sillonne tous les soirs les quartiers de la commune urbaine d’Agadir pour présenter une sélection de documentaires arabophones. Cette année, l’équipe du Cinéma Numérique Ambulant a planté son écran du mardi 9 au samedi 13 novembre, dans des quartiers déjà visités mais aussi de nouveaux (Tikiouine, Anza, Bensergao, la Marina d’Agadir). Il s’agit de choisir avec soin des espaces qui favorisent la qualité de l’accueil et de l’attention d’un public composé presque exclusivement de femmes et d’enfants, qui le plus souvent découvrent le cinéma documentaire à cette occasion.

La qualité des films proposés (CONTE DE FAITS, LES CHEMINS DE MAHJOUBA, ATTOURATH), l’intérêt qu’ils suscitent, mériterait une seconde projection dans de meilleures conditions techniques. En effet, le public de la salle Rialto et de nombreux festivaliers ont exprimé leur frustration de ne pas avoir une autre occasion de les visionner (remarque valable pour la programmation destinée aux étudiants). Il est évident qu’avec une journée supplémentaire, nous pourrions les projeter aussi en salle (en séances matinales, afin de réserver les après-midi pour la compétition).

La programmation destinée aux étudiants (En association avec L’IFA)

Nouveauté de cette troisième édition, le FIDA DOC avait décidé de s’implanter à l’université d’Agadir. Ce pari s’avère un franc succès en termes d’affluence, puisque les séances de l’après-midi (ENCG le mercredi, Faculté de Lettres le jeudi) et les deux soirées au Complexe culturel Jamal Doura ont accueilli une moyenne de 250 étudiants à chaque séance.

Nous avions fait le choix de sélectionner des films autour de deux thématiques principales : les économies alternatives sources d’un développement durable plus équitable ; une fenêtre sur l’histoire du Maroc. Les réalisateurs venus accompagner leur film (LE PRINTEMPS DES BONZAIS, AARASH, RACING DREAMS) ont tous apprécié la qualité des débats engagés avec le public étudiant.

Pour les prochaines éditions, il conviendra de travailler plus étroitement tout au long de l’année avec des enseignants convaincus de l’intérêt d’utiliser le cinéma documentaire comme support pédagogique.

Le succès des séances scolaires comme celui du programme destiné aux étudiants, récompense tout le travail de communication effectué en amont, en direction des établissements scolaires (grâce à Rachid Moutchou et Hicham Mansouri) et de l’Université (grâce à l’IFA). Il est également le fruit de la passion et l’engagement de nos médiateurs, garants d’un « état d’esprit FIDA DOC » : Ammi Driss avec les scolaires, Adil Semmar et Jalal Hakmaoui auprès des étudiants.

Pour continuer à augmenter et élargir la fréquentation du FIDA DOC, il faudra sans doute accentuer ce même travail de sensibilisation au niveau des associations locales concernées par nos programmations thématiques, s’inspirer aussi de l’effet d’entraînement, de la dynamique, créés par des événements culturels ou sociaux concomitants comme cette année l’exposition de photographies de Gilles Porte.

Plus généralement, il s’agit de relever le défi d’une communication plus efficace en direction du grand public et de la presse, afin que la couverture médiatique de notre manifestation soit à la hauteur du travail réalisé et de l’enthousiasme exprimé par le public et tous les professionnels présents.

Les rencontres professionnelles

Les rencontres professionnelles ont permis à 6 jeunes cinéastes africains et marocains de bénéficier de l’expertise de 5 professionnels chevronnés de l’audiovisuel : Rachel Adoul (Chargée de programmes à ARTE -France), Reda Benjelloun (Directeur adjoint de la rédaction TV2M chargé des magazines), Aurélien Bodinaux (Producteur, Néon Rouge -Belgique), Jean-Louis Gonnet (Réalisateur et formateur pour AFRICADOC) et Jean-Pierre Rehm (Directeur du Festival International de Documentaire de Marseille). Dans un climat convivial, ces réalisateurs en devenir ont pu confronter leur projet respectif aux réalités de toutes les composantes de la chaîne de production et de diffusion du cinéma documentaire.

Ce panel d’experts a désigné comme meilleur projet MES TROIS PÈRES de Salle Adama (qui sera coproduit par TV2M). Ils ont également tenu à distinguer deux autres projets qui seront suivis et soutenus par deux partenaires fidèles de notre manifestation, puisque UNE JOURNÉE À LA MEDERSA de Youssef Ait Mansour bénéficiera d’une résidence à d’écriture organisée par AFRICADOC (première étape concrète de la mise en réseau pan-africaine que nous appelons de nos vœux) et POLYÈDRE de Ass Hagouchi bénéficiera lui d’une coproduction de TV2M.

Pour tous les participants – stagiaires comme experts -, notre initiative a fait la preuve de son utilité dès sa première édition. Ces rencontres professionnelles méritent de se développer car elles constituent un levier efficace pour dynamiser la production nationale, enclencher des coproductions, favoriser une professionnalisation de ce secteur. Concernant la qualité des projets proposés, nous espérons que la réussite de cette première expérience provoquera une émulation chez les lauréats des écoles de cinéma, d’audiovisuel et d’art intéressés par le cinéma documentaire.

La table ronde

La matinée du samedi 13 novembre, une cinquantaine d’intervenants ont débattu de « l’utilité du documentaire » dans un paysage audiovisuel national en pleine mutation. Autour de la table, étaient réunis des réalisateurs et producteurs (marocains et étrangers) aguerris à la coproduction dans le sud (Latif Lahlou, Hicham Ben Ammar -Tunisie) ou avec le sud (Marianne Dumoulin -France, Aurélien Bodinaux -Belgique), des représentants d’institutions culturelles (le CCM, le réseau AFRICADOC, des Festivals internationaux, des écoles de cinéma), ainsi que différents responsables de chaînes de télévision (ARTE, TV2M, Al Jazeera English).

Dans le public se trouvaient également des responsables d’Instituts culturels européens qui soutiennent notre démarche de professionnalisation du secteur documentaire (Ambassade de France, Délégation Wallonie-Bruxelles, Goethe Institut, Casa Africa), de nombreux jeunes Marocains, réalisateurs ou étudiants en cinéma, des journalistes de la presse locale et nationale, mais aussi des cinéphiles de la ville d’Agadir.

Le dialogue s’est révélé très concret et fructueux, puisque plusieurs de ces acteurs influents de l’industrie audiovisuelle ont pris des engagements concrets qui augurent d’une forte dynamisation de la production nationale de documentaire :

  • Le Centre Cinématographique Marocain a annoncé officiellement l’éligibilité des films documentaires à l’Avance sur recettes. À ce propos, la Directrice générale du FIDA DOC a mentionné la nécessité de constituer une commission ad hoc pour ne pas les mettre en concurrence avec la fiction.
  • Le réseau de formation EURODOC a lui aussi officialisé son ouverture aux couples producteur/réalisateur issus de la rive sud de la Méditerranée pour faciliter leur accès au marché international.
  • Enfin la chaîne TV2M a annoncé la création d’un département de production documentaire dès janvier 2011.

 

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