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FIDADOC #5 : Le procès-verbal complet du jury de la Compétition internationale

admin 02/05/2013 Comments Off on FIDADOC #5 : Le procès-verbal complet du jury de la Compétition internationale
FIDADOC #5 : Le procès-verbal complet du jury de la Compétition internationale

Agadir, le 27 avril 2013

“Les quatre membres du jury tiennent tout d’abord à remercier chaleureusement toute l’équipe du FIDADOC pour son bel accueil et son travail précieux pour la découverte et la promotion du cinéma documentaire au Maroc.

Ces remerciements s’adressent tout particulièrement à Hichem pour son enthousiasme, sa détermination et sa joyeuse disponibilité à toute heure du jour, et même de la nuit…

Ces cinq jours de projection et de confrontation au goût des autres ont été particulièrement féconds pour nous et nous avons eu à cœur d’en extraire un palmarès à la hauteur de l’excellente sélection effectuée par Hichem. Une sélection de films qui nous a souvent fait oublier la raideur des sièges de la salle Tivoli au long des 15 heures de projections. Une sélection de grande tenue, une sélection plurielle offrant une grande variété de formes et de sujets. Une sélection sensible et politique au sens noble du terme, qui nous a permis de découvrir une pléiade de talentueux jeunes cinéastes du continent africain. Et ce n’est pas là basse flatterie !!!

Le choix a parfois été difficile tant la barre a été placée haut par le sélectionneur. Mais ce choix nous semble refléter l’exigence artistique qui est celle du FIDADOC.

Autant la sélection de ce festival nous a permis de beaucoup réfléchir sur le geste cinématographique tous ensemble. Autant le travail du jury a été de pousser cette réflexion plus loin encore pour nous accorder sur lequel des gestes que nous avons vu, va retenir notre attention. Mais, en distinguant un des films nous avons voulu faire attention à ce que notre choix apporte à la mémoire du cinéma une image intelligente, un geste qui pense.

 LE PRIX DES DROITS DE L’HOMME

Nous avons voulu saluer dans ces propositions documentaires extrêmement fortes et courageuses deux films auxquels nous avons accordé le prix des droits de l’homme (et même des droits humains). Pour une première raison que ces films portent une radicale intransigeance à traiter une injustice sociale où une classe est dominée et piétinée. Mais le jury n’a pas simplement apprécier un sujet ; le traitement apporté à un fait social, mais aussi toute l’amplitude du geste cinématographique que les auteurs des deux films ont mis en œuvre pour que les gens filmés soient moins seuls et que les sociétés humaines soient ainsi redynamiser, interroger. Ces films sortent les personnages de leur isolement et posent le débat et de manière audacieuse.

Le prix des droits de l’homme et même des droits humains est attribué aux films :

« CAMERA / WOMAN » de Karima Zoubir

« MÊME UN OISEAU A BESOIN DE SON NID » de  Christine Chansou et Vincent Trintignant-Corneau

 LE PRIX DU JURY

Dans le film choisi les outils du cinéma  sont au service d’un témoignage fort, généreux et sans complaisance sur un état social ;

Il s’agit là d’une vision dynamique loin des clichés loin de la représentation dominante sur une société secouée par des tensions internes et en pleine mutation.

Le cinéaste invente une forme de cinéma  parfaitement maitrisée, qui nous met à la bonne place, à la bonne distance et qui produit une image rare dans  le continent.

Le Jury en choisissant ce film a la conviction que c’est ce genre de regard qui permet à  l’objet film de devenir  œuvre, à celui qui le réalise de  devenir artiste, à la fabrication d ‘accéder au grade de création, et aux spectateurs de devenir un public. 

Le prix du jury est attribué à “ATALAKU” de Dieudo Hamadi

LE GRAND PRIX “NOUZHA DRISSI”

Le grand prix du jury est allé à un film écrit à la première personne et qui pourtant donne à voir une image forte d’un des conflits majeurs du XXIème siècle. Une image contrastée, complexe, sans angélisme ni manichéisme. Une image « à visage humain » du conflit israélo-palestinien. Ce visage, c’est celui, inoubliable, d’Abu Eyed, le héros du film de Mahdi Fleifel, son ami aussi.

Et c’est là le travail proprement cinématographique de ce jeune cinéaste palestinien. Il a su, à travers les portraits à vif, dérangeants parfois, de ces exilés, nous faire accéder à l’intériorité de la guerre. A la manière dont la guerre peut travailler les individus au plus profond de leur être.

Le cinéaste a su insuffler, par son humour et sa sensibilité, une incroyable force de vie à ses personnages. L’amour avec lequel il les filme semble leur donner l’élan nécessaire pour échapper à la fatalité de leur destin. Il offre là, à ses amis et parents palestiniens, si ce n’est une terre, au moins une terre de cinéma.

Le grand prix “Nouzha Drissi” du FIDADOC revient, à l’unanimité du jury, au film de Mahdi Fleifel : “A WORLD NOT OURS”.”

 

Le jury : Mohamed El Aboudi, Sellou Diallo, Bärbel Mauch, Annick Peigné-Giuly

 

 

 

 

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